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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 14:10

SECOND RESULTAT SUR LE PORT DU  TROISIEME COLLIER EXPERIMENTAL

 

Paulette Pauc *

 

Résumé :

 

Le troisième collier expérimental, réalisé avec 74 éléments enfilés sur une fine cordelette en lin compatible avec la période Chalcolithique a été publié une première fois en 2009. L’assemblage est constitué de coquillages sub-fossiles tyrrhéniens et actuels, de pendeloques à ailettes en calcaire métamorphique et de noyaux de Prunus spinosa. Les marques d’utilisation sont notées au niveau des lumières, des zones de contact entre les éléments et sur le lien de suspension à divers degrés.

 

Abstract :

The third experimental necklace, made ​​with 74 elements strung on a fine linen cord compatible with the Chalcolithic period was first published in 2009. The assembly consists of sub-fossil shells and Tyrrhenian current, pendants finned metamorphic limestone cores and Prunus spinosa. The wear are noted at the lights, contact zones between the elements and string suspension to varying degrees.

 

INTRODUCTION

 

Le troisième collier expérimental (fig.1), initialement confectionné en 2007 puis remanié, est composé de 74 éléments dont la répartition des catégories a été établie de manière tout à fait improvisée (Pauc, 2009). Cet assemblage est notamment constitué de coquillages marins sub-fossiles prélevés dans le paléorivage Tyrrhénien (regroupant les anciens Eutyrrhénien et Néotyrrhénien des auteurs) (Kéraudren, Dalongeville, Bernier et al. 2000,187-188) : une période chaude du Quaternaire moyen qui se situait, au maximum de son élévation marine en Méditerranée, autour de 129 ka (Yokoyama, Nguyen, Shen et al. 1987, 154 ; Ambert, André, Boutié et al. 1993, 62) ou plus récemment au sous-stade isotopique 5.5 soit 125 ka (Kéraudren, Dalongeville, Bernier et al. 2000, 179).

Les dépôts coquilliers tyrrhéniens du littoral audois permettent de collecter de nombreuses espèces et variétés ayant vécu dans un milieu à fond sableux ou sur un substrat rocheux  entre 3 et 6 mètres d’altitude (représentation du stade isotopique 5). L’espèce dominante est le Cerastoderma glaucum, qui a pour nom vernaculaire « Coque glauque », appelée indûment Cardium d’où le surnom de « plage à Cardium ». L’on trouve également Cerithium vulgatum, Hexaplex trunculus, Monodonta turbinata et Nassa reticulata, couramment utilisés au cours de la Préhistoire, qui montrent une conservation différentielle. Les coquilles de Columbella rustica et Conus mediterraneus, différemment conservées, sont absentes des niveaux audois. Elles ont été collectées sur une plage actuelle de la côte rocheuse des Pyrénées-Orientales. Les tubes de Dentalium sp. lisses et à côtes, les coquilles de Trivia monacha, ainsi qu’un fragment de coquille d’Acanthocardia tuberculata roulé par l’action marine viennent de la plage du Môle au Cap d’Agde dans l’Hérault.

Des noyaux de Prunus spinosa, fruits du Prunellier sauvage, et des pendeloques à ailettes façonnées à partir de gravillons de marbre complètent la malacofaune marine.

Le lien de suspension a été réalisé à partir de filasse de lin achetée en magasin de bricolage. Cette fibre brute est destinée à colmater les joints en plomberie. La quantité de fils nécessaire a été très facile à prélever pour faire une cordelette à deux brins du diamètre et de la longueur voulus.

 

1/ LES COQUILLAGES SUB-FOSSILES ET RESULTATS DU PORT PROLONGE

 

Cerastoderma glaucum :

- Une valve a été perforée au sommet par abrasion sur une meule-polissoir en grès. L’orifice a été agrandi avec une pointe en silex pour obtenir une lumière régulière et une bordure nette. Cette perforation n’a pas changé de forme.

- Quinze rondelles d’enfilage de différents diamètres ont été réalisées avec des fragments de valves de diverses épaisseurs à partir des études archéologiques et des premières expérimentations (Pauc 1997, 9-54 ; Pauc 2000, 23-28 ; Pauc, Bohic, Fauré 2004, 69-76). On note un poli localisé sur les faces des rondelles d’enfilage qui se traduit par des luisances sur les reliefs. Toutes les tranches ont été calibrées perpendiculairement à l’épaisseur. Aucun orifice n’a subi de transformation. Le contour d’une seule rondelle présente une légère déformation visible à l’œil nu (fig. 2).

Hexaplex trunculus : Sur les six exemplaires, l’un a été cassé par l’action marine et ne conservait qu’une partie de la dernière spire et l’ouverture naturelle intacte puis un autre était un spécimen juvénile au test très fin. Trois présentent un poli brillant particulier sur la surface abrasée avant perforation à la pointe.

Cerithium sp. : Sur les cinq coquilles, une était roulée et une autre était trouée à l’opposé de l’ouverture, sur la partie en relief de la dernière spire, par l’action marine. Aucune déformation de l’orifice n’est notable. Sur deux d’entre eux, la zone d’abrasion étendue offre un poli très brillant sans doute accentuée par le frottement avec l’élément voisin.

Monodonta turbinata : Sur les quatre exemplaires l’un d’entre eux était cassé par l’action marine et ne conservait que la dernière spire éventrée avec son ouverture naturelle.   

Nassa sp. : Sur les quatre coquilles, deux avait perdu leurs toutes premières spires et une autre n’était représentée que par la dernière spire largement endommagée, par l’action marine, à l’opposé de l’ouverture naturelle. Une seule offre une modification de la bordure de l’orifice artificiel sous forme d’encoches dans le test (fig. 3).

 

Les gastéropodes accusent des usures localisées autour de l’ouverture naturelle en contact avec le lien de suspension. Cette légère abrasion superficielle fait apparaître la couleur blanche et brillante sous la surface du test dépigmenté qui est beige à blanchâtre.

 

2 / LES COQUILLAGES ACTUELS ET RESULTATS DU PORT PROLONGE

 

Columbella rustica : Sur les 6 exemplaires, deux spécimens on subi des ouvertures provoquées par l’action marine. L’une n’étant qu’un petit trou dans la paroi de la dernière spire et l’autre une importante fracture de la dernière spire. Deux autres spécimens, cassés jusqu’à l’avant dernier tour de spire, par l’action marine, ont fait l’objet d’une perforation de la columelle avec une pointe en silex afin de faciliter le passage du lien dans le sens vertical. Une coquille de Columbella rustica, très dégradée au niveau de la dernière spire par l’action marine, a subi le frottement du lien de suspension qui avait formé une petite encoche sur la bordure de la paroi ; cette usure n’a pas évolué par la suite.

 Trois types d’enfilage ont été réalisés avec ces gastéropodes, mais ils n’offrent aucune déformation. L’utilisation de coquilles de Columbella rustica tyrrhéniennes aurait probablement eu une incidence suivant leur degré de conservation.

Conus mediterraneus : Les 6 exemplaires ont subi une usure de l’apex par l’action marine qui a ainsi créé une ouverture sommitale. L’un d’entre eux a été fracturé de part et d’autre de l’ouverture naturelle en perdant une partie de sa dernière spire et les enroulements de la columelle sauf celui qui se trouvait au sommet. La bordure des cassures est lisse. Principalement enfilé dans le sens axial, le plus logique, sans aucune intervention anthropique quelconque pour agrandir les orifices sommitaux, un seul l’a été à l’opposé de l’ouverture naturelle à travers un trou effectué par un lithophage.

Dentalium sp. : Les 6 tronçons de coquilles lisses et à côte sont directement utilisables. Des spécimens fossiles du Miocène, Pliocène ou du Tyrrhénien auraient pu être utilisés. Le port prolongé aurait probablement eu une incidence sur les tests.

Trivia monacha : Les trois spécimens ont subi une perforation anthropique suivant trois modes d’enfilage. Une expérimentation avec des coquilles de Trivia du Miocène aurait probablement eu une incidence sur le port prolongé. 

 

Les gastéropodes, sub-fossiles ou actuels, qui n’ont pas subi de dommage par l’action marine, ont été perforés en pratiquant une abrasion localisée, de la structure externe, généralement à l’opposé de leur ouverture naturelle, avant de trouer le test, de la structure interne, avec une pointe en silex. Cette manière d’opérer en deux temps est obligatoire si l’on veut obtenir un orifice similaire aux éléments archéologiques. A l’échelle microscopique, la coquille montre une couche fibreuse externe ornementée et une couche entrecroisée interne uniforme, en section transversale. Suivant l’épaisseur du test et son degré de dissolution superficielle, la pointe en silex ne pourra traverser directement la paroi.

 

3/ LES PENDELOQUES A AILETTES ET RESULTATS DU PORT PROLONGE

 

Trois types de pendeloques à ailettes sont issues d’une série réalisée dans le cadre d’une expérimentation déjà publiée (Pauc, Moinat, Reinhard 2005, 43-52 ; Pauc 2006, 315-321). Ce nouveau port prolongé permet d’observer un zone de luisance, de part et d’autre de l’appendice de suspension et / ou des épaulements, causée par le frottement du lien  (fig. 4).

 

4/ LES NOYAUX DE PRUNELLES ET RESULTATS DU PORT PROLONGE

 

L’arbuste Prunus spinosa produit des prunelles dont les noyaux ont servi a faire des perles au Néolithique (Schlichtherle 1988, 201-203 ). La matière périssable ne s’est conservée qu’en contexte lacustre, à l’abri de l’oxygène. Les onze perles ont été obtenues en abrasant les flancs pour amincir l’épaisseur de la coque avant de les trouer avec une pointe en silex. Les couleurs étaient beige naturel. Suite au premier port prolongé, les noyaux de Prunus offrent un poli très brillant au niveau des surfaces abrasées autour des orifices. Leur teinte a foncé pour prendre la couleur marron et l’aspect du bois ciré.

Un seul présente une encoche au bord de l’orifice au bout de la deuxième phase du port prolongé (fig. 5 ).

 

5/ LA CORDELETTE ET RESULTATS DU PORT PROLONGE

 

Le lien de suspension a été réalisé en lin car cette plante est bien représentée au Chalcolithique. L’analyse des fibres d’un vêtement en atteste l’emploi (Ayala 1987, 11, 15 fig.5, 16, 23 lám. IV).

 J’ai confectionné la cordelette à deux brins en S-2Z (fig. 6-a) selon la méthode de Jacques Reinhard (Reinhard 1997, 21). Ce moyen a permis d’avoir un lien de la grosseur et de la longueur souhaitées. Certains raccords de fibres sont plus volumineux que le diamètre courant.  La ficelle était de 0,72 mm minimum à 0,96 mm au niveau de quelques raccords. Le diamètre maximum a laissé largement passer les éléments de parure aux plus petits orifices. Une fois les éléments de parure enfilés, j’ai limité la longueur du collier à 60 cm en laissant pendre une longueur excédentaire de ficelle de 5 cm et 31 cm de part et d’autre du nœud. Cet excédent pourra servir à réparer le lien de suspension en cas de rupture à l’usure. Les éléments de parure occupent 48 cm de la longueur du lien. Les 12 cm de ficelle restant se positionnent sur l’arrière du cou directement en contact avec la peau.

Les premiers résultats d’usure par le port prolongé offraient une très légère rupture des fibres superficielles au milieu des torsions sur la longueur directement en contact avec la peau. Un type d’usure qui n’a guère évolué lors de la seconde étape du port prolongé (fig. 6-b). Au niveau des premières parures de petite taille de type Conus, dentales, et pendeloques à ailettes, la rupture des fibres superficielles était plus notable  : les fibres cassées se dressaient de part et d’autre de chaque torsion. A la suite du port prolongé suivant les fibres superficielles sous-jacente se sont légèrement brisées à leur tour (fig. 6-c).

 Les coquillages suivants, sub-fossiles, avaient davantage encore sectionné les fibres superficielles qui sont devenues touffues et ébouriffées de part et d’autre des torsions. Cet aspect de détérioration de fibres est apparut dans l’orifice d’une perle en cuivre de la grotte d’Enlène (Montesquieu-Avantès, Ariège) (Rouquerol 2004, 78, fig.67, n°21 et n° 23 x5,4). Cela amincit le profil des torsions qui sont devenues allongées. En suivant, les quelques coquillages actuels qui ne coulissent guère n’ont occasionné que très peu de ruptures des fibres superficielles Sur la dernière grande ligne essentiellement ornée de coquillages subfossiles, on retrouvait une rupture assez importante des fibres superficielles et des torsions au profil étiré qui s’est accentuée lors du nouveau port prolongé. Le choix s’est porté sur 5 stades, dont 4 vues montrant des ruptures de fibres superficielles (fig.6) avec des torsions très étirées (fig. 6-d) ou impossible à déterminer (fig. 6-e).

 

CONCLUSION

Le premier port prolongé a duré 1 mois, temps imparti entre la réalisation du collier et la rédaction des résultats pour la publication sortie le jour du congrès (Pauc 2009).  La poursuite du port expérimental n’a duré que 4 mois, occasionnellement, en 2011 à cause d’une activité limitée suite à une fracture en 2009. Le port a eu lieu les jours d’activité les plus intenses en des lieux adéquats pour éviter une pollution en cas de rupture du lien de suspension et de perte d’éléments fossiles identiques à ceux des sites archéologiques présents autour de mon lieu de vie. 

Le port du collier continuera jusqu’à la rupture du lien de suspension. Cette troisième étape fera l’objet d’une publication.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

AMBERT P., ANDRE J., BOUTIE P. et al. 1993, Corbières littorales, complexe scientifique de Tautavel, Livret guide de l'excursion 1993 en Languedoc de l'association française pour l'étude du Quaternaire, Aix-en-Provence, Études de Géographie physique, Suppl. au n° XXII, 59-65.

 

AYALA JUAN M. M. 1987, Enterramientos calcolíticos de la Sierra de la Tercia. Lorca, Murcia. Estudio preliminar, Ayala Juan M. M. (dir.), Anales de Prehistoria y Arqueología, 3, Secretario de Publicaciones - Universidad de Murcia, 9-24.

 

KERAUDREN B., DALONGEVILLE R., BERNIER P. et al. 2000, Le Pléistocène supérieur marin (Tyrrhénien) en Crète nord-orientale (Grèce) / The Marine Upper Pleistocene (Tyrrhenian) in north-eastern Crete (Greece). In : Géomorphologie : relief, processus, environnement. Juillet-septembre, vol. 6, n° 3, 177-190.

 

PAUC P.1997, Reproduction de perles circulaires réalisées en test de Cerastoderma edule, Journées d'Archéologie Expérimentale du Parc de Beynac (Dordogne, F.) 1996-1997, Ch. Chevillot (dir.), Bilan n° 1, 7-66.

 

PAUC P. 2000, Activité de fabrication protohistorique de parures en coquillages marins. Bulletin de la Société d'Études Scientifiques de l'Aude, t. CC, 23-28.

 

PAUC P. 2006, Conception expérimentale de la pendeloque à ailettes globulaires à partir d’une typologie évolutive, Hommes et Passé des Causses, Colloque de Millau 2005 Hommage à Georges Costantini, Textes réunis par Jean Gascó, François Leyge et Philippe Gruat, Centre d’Anthropologie – Millau,  Archives d’Ecologie Préhistorique Toulouse, 315-321.

 

PAUC P. 2009, Présentation du troisième ensemble expérimental de parure préhistorique. Langage de pierre, La restitution du geste en préhistoire, Colloque européen, sous la direction de B. Roussel, P-J Texier, C. Dumas, Ed Musée des Baux, Maison Cazenave, 36-39.

 

PAUC P. avec la collaboration de BOHIC D., FAURE Ph. 2004, Brève typologie de l'outillage lithique inhérent à la fabrication de parures protohistoriques en coquillages et les sources de matières, Bulletin de la Société d'Études Scientifiques de l'Aude, t. CIV, 69-76.

 

PAUC P., MOINAT P., REINARD J. 2005, Description de la fabrication expérimentale du grain d’enfilage en akène de Lithospermum de type 2 et de la pendeloque à ailettes globulaires. R. Tichy (SEA) & R. Paardekooper (EXARC) (dir.), euroREA 2, Society for Experimental Archaeology Hradec Králové, Czech Republic and EXARC, 40-54.

 

REINHARD J. 1997, Faire une cordelette à deux brins, ARKEO junior N° 34, Éditions Faton, p. 21.

 

ROUQUEROL N. 2004, Du Néolithique à l'Age du bronze dans les Pyrénées centrales française, Archives d'Ecologie Préhistorique n°16, Toulouse,  1-191.

 

SCHLICHTHERLE H. 1988, Neolithische Schmuckperlen aus Samen und Fruchtsteinen in : Hansjörg Küster (ed), Der prähistorische Mensch und seins Umwelt : Festschrift für Udelgard Körber-Grohne zum 65, Geburtstag / Landesdenkmalamt Baden Württemberg. Forschungen und Berichte zur Vor-und Frühgeschichte in Baden-Württemberg, 31, Stuttgart, 199-203.

 

YOKOYAMA Y., NGUYEN H.-V., SHEN G., et al 1987, Datation par les méthodes des familles de l'uranium et la résonance de spin électronique (ESR) du remplissage de la grotte des Ramandils à Port-la-Nouvelle (Aude, France), Cypcela VI, Girona, 151-154.

 

PAUC P. 2011b :

Second résultat sur le port du Troisième collier expérimental. Poster présenté au 3er Congreso Internacional de Arqueología Banyoles (Girona) 17, 18, 19 octubre 2011 (soumis à publication). 

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 17:16

COMPLEMENT D’EXPERIMENTATION DE FABRICATION D’ELEMENTS DE PARURE EN COQUILLAGES MARINS D’APRES LES SITES-ATELIERS ET LES SOURCES DE MATIERES PREMIERES DANS L’AUDE – SUD DE LA FRANCE

Paulette Pauc

 

Résumé :

Les sites-ateliers de l'Aude (F.), principal objet de l’étude archéologique représentent un important ensemble, en Méditerranée occidentale, datable du Néolithique au Bronze ancien. Les ateliers de plein air, à vocation domestique, principalement consacrés à la fabrication de rondelles d'enfilage réalisées en test de Cerastoderma glaucum puis occasionnellement de grains d’enfilage et de pendeloques en coquillages, sont situés sur la partie orientale des Corbières audoises. Le début de leur étude m'avait amenée à établir un descriptif détaillé de la technique employée par les artisans de cette région et de démarrer une chaîne opératoire expérimentale en 1996. Je suis actuellement en mesure de rectifier ou de préciser certaines des hypothèses préétablies, grâce à la révision du matériel recueilli sur les sites, de nouvelles observations faites sur les ateliers ainsi que la prospection de plusieurs dépôts littoraux marins coquilliers du Quaternaire moyen en association avec un nouveau protocole expérimental.

 

Abstact :

The sites in l’Aude, southern France, which have been the subject of an archaeological study, represent an important western Mediterranean group of shell bead workshops dated to the Neolithic and Early Bronze Age. The open-air workshops, which are situated in the eastern part of the Corbières, occur in a domestic context and were principally devoted to the manufacture of disc beads from the shells of Cerastoderma glaucum and occasionally other shell beads and pendants. The author began a detailed study of the techniques used in the workshops in this region in 1996, based on experimental work. She is now in the process of correcting and clarifying some previous hypotheses on the basis of the re-examination of material collected from the sites, new observations made on the workshops, and the discovery of several coastal deposits of Quaternary marine shells and local deposits of flint and sandstone used in the manufacturing processes, in association with a new experimental protocol 1.

 

1 : Résumé anglais de Janet Ridout-Sharpe dans ARCHAEO+MALACOLOGY GROUP Newsletter N° 14, December 2008 :  http://triton.anu.edu.au/

 

*Recherches & Développement Culturel en Corbières - 11220 Coustouge (F).

UMR 5608 TRACES - AXE 3 : Les sociétés du Néolithique et du début des Ages des métaux - EHESS – Toulouse (F)

 

 

HISTORIQUE

En 1996, cinq années après la découverte d’une première série de sites-ateliers de fabrication de rondelles d’enfilage en test de Cerastoderma glaucum, j’ai eu l’opportunité de participer aux Journées d’Archéologie expérimentales au Parc archéologique de Beynac, en Dordogne. J’ai publié dans le bilan de ces journées le balbutiement de mes recherches archéologiques ainsi que mes premiers résultats expérimentaux (Pauc 1997). Les rondelles sont effectuées, à ce moment-là, à partir de coquillages déposés au bord des étangs du littoral audois. D’autres éléments de parures sont comparés puis certains sont simplement décrits. Le silex employé est celui qui est mis à la disposition au Parc de Beynac, provenant de Dordogne et d’Indre-et-Loire.  

J’ai poursuivi mes recherches sur les sites archéologiques et, parallèlement, j’ai recherché les matières premières utilisées par les artisans préhistoriques (Pauc 2000). Les informations géologiques relatives au Quaternaire en Méditerranée et localement sur le paléorivage eutyrrhénien du Quaternaire moyen (129 000 ans maximum) me permettent de retrouver les gisements connus  (Ambert et al. 1982), (Ambert et al. 1993), (Barrière et al. 1965), (Chavan 1945) et d’en découvrir un d’inédit  (Pauc 2000). L’aspect et l’étude biométrique de cette malacofaune sont identiques à celle des ateliers de fabrication de parure. La liste des espèces et variétés fossiles (Barrière 1966a) (Barrière 1966b) correspond à la sélection des collecteurs/utilisateurs. Une excellente disponibilité des valves de Cerastoderma glaucum, espèce dominante dans ce niveau coquillier appelé par les auteurs « niveau à Cardium », garantit également leur utilisation. La collecte malacologique permet de refaire à l’identique divers éléments de parure.

 

TECHNIQUES

En 1998, j’ai confectionné un second foret à pompe (fig. 1) tout en buis car ce taxon a été retrouvé sous forme de pollens en région méditerranéenne depuis la Préhistoire (Vernet 1997). Pour la construction de l’outil, je me suis inspirée du foret à pompe reconstitué à partir d’un disque en terre cuite trouvé dans le Chalcolithique de Bulgarie (Skakun 1993) et du modèle archaïque employé par les indigènes des Iles Salomon (Malinovski 2002). Le poids cylindrique est enfilé sur la tige en bois jusqu’au troisième tiers inférieur où il se bloque grâce à la surépaisseur du bois. Le haut de la tige est perforé pour faire passer la lanière en cuir qui s’attache de part et d’autre de la barre d’action. La base de la tige est équipée d’un cylindre amovible. Celui-ci est creusé d’une part pour s’enfoncer à l’extrémité de la tige et de l’autre côté creusé pour y fixer, à l’aide d’un morceau de cuir, la mèche en silex.

L’année suivante, j’ai mis en application le calibrage individuel des rondelles d’enfilage en m’appuyant sur le polissoir à gorge de Marolles-sur-Seine (Augereau et Bonnardin 1998). Ensuite le mode de calibrage à l’unité a été précisé avec le polissoir à gorges, en grès, de Châteauneuf-les-Martigues (Courtin 2000). L’expérimentation montre que l’on peut calibrer de deux manières les préformes perforées. Elles sont régularisées par frottements répétés, perpendiculairement au contour de la pièce, sur une plaque de grès, en creusant une gorge en forme de U - correspondant au diamètre de la perle – (fig. 2) ; techniquement, c'est la seule façon d'obtenir une tranche plate, qui peut aussi se montrer sub-aplatie, suivant la précision du geste. Si l'ébauche perforée est régularisée par frottements répétés parallèlement au pourtour de la tranche, sur une plaque de grès, cela crée une rainure en v pointu à u arrondi qui donne une tranche anguleuse, sub-arrondie, voire arrondie suivant le degré d'inclinaison de la bordure (fig. 3, fig. 4, fig. 5).Yvette Taborin imaginait un système de découpe, du pourtour des rondelles de la tombe de Germignac, au moyen d'un outil tournant grâce auquel on obtiendrait des tranches anguleuses, tout en notant également des tranches arrondies (Taborin 1984). L’appareil supposé est un trépan qui sert à découper des rondelles dans les coquillages de nacre, entre autre, pour faire des boutons. En l’absence “d'outil néolithique” spécifique, l’expérimentation par des gestes simples, voire maladroits, a donné de semblables résultats.

En 2001, Jacques Reinhard, spécialiste des restes textiles au Service archéologique de Neuchâtel en Suisse, m’a donné diverses fibres naturelles pour les expérimentations. En choisissant au hasard, j’ai réalisé une cordelette selon sa méthode (Reinhard 1997), à deux brins en S-2Z (figure 6), que je pense en fin liber de tilleul, (Pauc et Reinhard 2002). Il confirma l’année suivante, lorsqu’il a vu le collier, que j’ai utilisé des fibres de chanvre. La cordelette a une épaisseur de 1,58 mm, au niveau des raccords, à 1,10 mm au minimum. L’essentiel est de 1,20 à 1,30 mm de diamètre. La longueur du lien est de 80 cm sans compter le nœud. Les éléments de parure occupent une longueur de 22 cm.

 

COMPOSITION DU COLLIER

Le collier (fig.7) est composé d’éléments malacologiques eutyrrhéniens et de perles en stéatite comprenant :

- 1 pendeloque elliptique à perforation centro-latérale et 31 rondelles d’enfilage en test de Cerastoderma glaucum (les plus épaisses ont été tirées de valves des variétés altior (B.D.D.) et umbonata (Wood.).

- 2 Cerithium vulgatum perforés à l’opposé de l’ouverture naturelle par abrasion superficielle puis avec une pointe en silex

- 3 Hexaplex trunculus détériorés par l’action marine

- 3 Nassa sp. perforés à l’opposé de l’ouverture naturelle par abrasion superficielle puis avec une pointe en silex

- 2 Monodonta turbinata, dont l’un a été cassé par l’action marine et l’autre perforé à l’opposé de l’ouverture naturelle par abrasion superficielle puis avec une pointe en silex.

- 1 Natica sp. cassé et roulé par l’action marine

- 10 perles en stéatite pyrénéenne ont été ajoutées entre les éléments malacologiques.

Le poids du collier est de 70 gr.

 

RESULTATS DU PORT PROLONGE

Tous les éléments confondus présentent un lustré occasionné par le frottement sur les vêtements de coton, de lin et en laine ou par les manipulations pour le mettre et l’enlever, le toucher occasionnellement et l’observer de près.

Parmi les 31 rondelles d’enfilage se trouvent trois types d’usures caractéristiques sur quelques exemplaires : une ovalisation du cône de perforation (fig. 8), une déformation anguleuse du cône de perforation (fig. 9) et une déformation de l’orifice (fig. 10). Les autres rondelles ont moins subi de modification voire aucune. Tous les éléments montrent un poli brillant localisé. Huit perles ont un contour irrégulier. La rondelle de la figure 3 qui a été calibrée par frottement parallèlement à son axe de rotation est intacte mais très luisante. Elle conserve des traces d’abrasions qui ne peuvent être confondues avec l’ornementation du test en section transversale.

Une des trois coquilles d’Hexaplex trunculus a perdu une partie du relief par l’action marine au niveau du dernier tour de spire. Pour les besoins de l’enfilage, la cordelette passe par l’ouverture naturelle et ressort par l’orifice artificiel. La coquille à cet endroit est très mince. A l’usage, la ficelle a créé une entaille de 4 mm dans le test correspondant exactement à la torsion (fig. 11, fig. 12). Un second Hexaplex trunculus, un peu plus dégradé que le précédent, ne présente qu’une petite encoche occasionnée par le frottement de la cordelette.

Sur les trois coquilles de Nassa sp., une seule des perforations ovales d’origine a en plus une petite encoche sur la zone de contact avec le lien de suspension.

Le Cerithium au plus grand orifice ovale montre une petite encoche, au niveau de la bordure amincie, causée par le frottement répété de la cordelette. Le second Cerithium au test plus fort possède un orifice irrégulier et anguleux, à l’opposé de l’ouverture naturelle, qui s’est émoussé à la longue par le frottement de la cordelette.

Les autres gastéropodes n’ont pas subi de modifications caractéristiques hormis un lustré particulièrement prononcé sur les zones de frottements du lien de suspension. Ces zones sont blanches alors que la teinte du test, dépigmentée, est beige claire à blanchâtre.

 

LIEN DE SUSPENSION 

Le protocole du second collier expérimental est partiellement valide, puisque le chanvre n’est attesté qu’à partir de l’Age du Fer. Le port quotidien, durant un mois, montre que les rondelles d’enfilage et les gastéropodes détériorés par l’action marine ou perforés expérimentalement sont usés à divers niveaux ou de façon insignifiante. Les fibres superficielles de la cordelette se sont rompues de façon plus ou moins importante selon l’emplacement sur le collier (fig. 13, fig. 14, fig.15).

Cette expérience corrige celle de D’Errico et de ses collègues qui ont utilisé des coquillages ramassés sur une plage méditerranéenne pour obtenir divers éléments de parure enfilés sur un lien en cuir et sur des liens en chanvre. Le premier enfilage a été soumis à l’action d’un agitateur de laboratoire et les seconds ont été portés de un à trois mois. Le résultat n’offre pas d’usures caractéristiques (D’Errico et al. 1993).

 

CONCLUSION :

Le fait d’utiliser des coquillages sub-fossiles à divers degrés de conservation et plus ou moins pulvérulents est un facteur important pour l’expérimentation. La cordelette en fibre de chanvre n’est pas exagérément coupante. Elle use considérablement un des tests les plus fins et n’occasionne qu’un poli localisé sur les tests les plus épais. Le diamètre du lien de suspension largement inférieur aux plus petits orifices est également un critère à prendre en compte. Cela permet aux éléments de se déplacer facilement en provoquant un frottement qui conduit à la rupture des fils superficiels au centre des torsions. Un port prolongé dans le temps devrait augmenter l’usure des éléments et parvenir à rompre le lien de suspension.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

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Figure 1 : Foret à pompe

Figure 2 : Calibrage perpendiculaire à l’axe de rotation

Figure 3 : Calibrage parallèle à l’axe de rotation

Figure 4 : Tranche anguleuse

Figure 5 : Tranche arrondie

Figure 6 : Etat initial de la cordelette

Figure 7 : Collier expérimental

Figure 8 : Cône de l’orifice ovalisé

Figure 9 : Cône de l’orifice anguleux

Figure 10 : Orifice déformé

Figure 11 : Entaille sur le test d’Hexaplex trunculus

Figure 12 : Position de la cordelette dans l’entaille

Figure 13 : Etat de la cordelette usée au niveau proximal

Figure 14 : Etat de la cordelette usée au niveau latéral

Figure 15 : Etat de la cordelette usée au niveau distal

 

Mots clés : ateliers, coquillages, outils, parures, expérimentations, usures

 

Key words : workshops, marine shells, tools, ornaments, experiments, wear

 

  Référence bibliographique :

PAUC P. 2011 :

Complément d’expérimentation de fabrication d’éléments de parure en coquillages marins d’après les sites-ateliers et les sources de matières premières dans l’Aude - Sud de la France. La investigación experimental aplicada a la arqueología, II Congreso International de Arqueologia Experimental 26, 27 y 28 noviembre 2008 Ronda (Málaga, E.), A. Morgado Rodríguez, J. Baena Preysler, D. García González (eds), p. 255-262.

 

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Description de la fabrication expérimentale

du grain d’enfilage en akène de Lithospermum de type 2

et de la pendeloque à ailettes globulaires

 

Paulette Pauc Recherches & Développement Culturel en Corbières (F) - EHESS Toulouse (F), Patrick Moinat Service de l’archéologie Lausanne (CH), Jacques Reinhard Atelier Archeor, Estavayer-le-Lac (CH).

 

Introduction

 

Parallèlement à la reproduction des éléments du collier de la tombe 1 de la nécropole de Pully-Chamblandes (Suisse) (Pauc et al., 2004), un protocole a été mené sur les deux  types de parure proposés dans la présente publication.

La démarche expérimentale s’appuie sur des renseignements archéologiques extrêmement ténus. Les résultats obtenus résultent d’une observation indirecte des éléments de parure (dessins et photos) en faisant appel au bon sens, et révèlent les qualités d’adaptation, d’ingéniosité, de minutie, et de patience nécessaires aux créateurs. 

En 2003-2004, les objets de parures reproduits ont été exposés dans la Galerie-Atelier O’Local d’Estavayer-le-Lac sous la direction de Jacques Reinhard. Ils ont également servi à illustrer un CDRom didactique sur la parure en Suisse, toujours dans la même galerie.

 

1. Parures en akènes de Lithospermum

 

1.1  Akènes de Lithospermum

 

On rappellera brièvement la description de cette plante à partir des données développées dans l’ouvrage précédent (Pauc et al., 2004). Le Lithospermum purpureocaeruleum L. (Grémil pourpre-bleu) est une plante de la famille des Borraginacées de 60 cm de haut maximum (Rameau et al., 1989). Les akènes ont la forme d’une coque ovoïde en calcaire blanc remplie d’une matière organique tendre. Il est possible de récolter ces graines dès la fin de l’été sur les plantes encore vertes (fig. 2). A l’automne et en hiver, elles restent en place sur les tiges sèches et s’y maintiennent au cours de l’année suivante (fig. 3).

 

1.2 Historique

 

Les akènes de Lithospermum bénéficient de deux modes de perforations : le type 1, largement répandu, est pratiqué aux extrémités des akènes (cf reproduction dans Pauc et al., 2004) et le type 2 évoque la forme d’un bouton à bélière.

 

Inventaire des parures de type 1 :

- une centaine de grains de type 1, vraisemblablement “cousus” sur une ceinture, dans la tombe 2 à Saint-Léonard « Les Bâtiments » (Suisse, Valais) (Corboud, 1986 ; Corboud et al., 1988).

- sept grains appartiennent au collier de la tombe 1 de la nécropole de Pully-Chamblandes (Suisse) (Pauc et al., 2004).

- un collier de grains d’enfilage a été découvert dans la sépulture chalcolithique de Lorca (Espagne, Murcia) (Ayala, 1987).

-  En Roumanie, un collier à La Ulmeni, dans la culture de Gumelniţa semble contenir une majorité de grains de ce type. Les plus imposantes parures se trouvent à Izvoare dans la culture de Cucuteni. Un très grand nombre de grains d’enfilage constitue plusieurs colliers. L’un d’eux est composé de grains d’enfilage intercalés de petites pendeloques imitant les craches de cerfs. (Cârciumaru, 1996).

 

Inventaire des parures de type 2 :

- une composition d’akènes de Lithospermum agencés sur un fragment de tissu découvert dans le lac de Morat (Suisse), puis décrite schématiquement à l’aide d’un dessin par E. Vogt et reprise par H. Schlichtherle en 1988, montre une double perforation ventrale qui donne à la graine la forme de petit bouton à bélière (fig. 1).

- quelques exemplaires en Roumanie, dans la culture de Gumelniţa et dans la culture de Cucuteni (Cârciumaru, 1996).

 

2. Reproduction du grain d’enfilage en akène de Lithospermum du type 2 en forme de bouton à bélière 

 

2.1 Protocole

 

Pour effectuer la double perforation ventrale sur l’akène de  Lithospermum on a utilisé un petit éclat tranchant de pierre de grès fin.

De la fibre de lin a été employée pour confectionner le fil qui a servi à agencer les grains sur l’échantillon de tissu de lin (Reinhard 2001).

“Coudre” des grains d’enfilage en akène de Lithospermum sur un tissu obligerait à utiliser une aiguille davantage adaptée à l’objet de parure qu’au fil à coudre ; cela sous-entendrait la mise au point d’une miniaturisation technologique extrême.

On a choisi, pour simplifier le travail, d’agencer les éléments de parure, suivant le schéma de Vogt, en nous aidant d’un simple poinçon en bois.

 

2.2 Mode opérationnel expérimental

 

La petite taille des akènes de Lithospermum ne facilite pas la tâche pour mener à bien la double perforation ventrale. La première réussite est due, accidentellement, à la mauvaise position de l’akène lors de la perforation au niveau du pédoncule (dans le but d’obtenir le type 1). Cette “maladresse” a été répétée volontairement, cette fois, à l’opposé de l’objet : ainsi est né le second type de perforation.

Les différentes opérations, de l’akène à l’ornementation sur le tissu, sont à présent décrites et illustrées (planche 1).

L’akène est saisi entre le pouce et l’index, en positionnant la zone de l’insertion du pédoncule vers l’extérieur (1). Avec la partie tranchante de l’éclat de grès, on exerce une abrasion/incision par petits frottements jusqu’à pratiquer l’ouverture (2). Une fois obtenue ce premier orifice, on tourne la pièce pour réaliser un second trou identique, en prenant soin de garder suffisamment de matière pour la bande d’attache (3). L’akène est rempli de matière organique (4) qu’il suffira d’ôter au moyen d’une très fine écharde, sans briser la coquille. Les éléments ornementaux sont prêts (5, 6, 7).

 

Ici, aucune aiguille n’est employée pour orner le tissu. Seul un poinçon en bois sert pour écarter les fibres (8, 9, 10). Cette technique permet de procéder aisément au passage manuel du fil (11). La reproduction du schéma de Vogt est ainsi reconstituée (12, 13).

 

2.3 Conclusion

 

La description fait appel à la méthode la plus plausible en l’absence d’un matériel spécifiquement adapté faute de conditions de conservation et de découverte.

Cette expérimentation pose à nouveau le problème de la confection d’objets miniatures (Pauc et al., 2004), probablement réalisés par des enfants conditionnés, de jeunes adolescents formés depuis leur plus jeune âge. Il faut également souligner qu’une excellente acuité visuelle est nécessaire au bon déroulement de l’opération en faisant appel, pourquoi pas, à de jeunes myopes. Cette dernière remarque est probablement aussi applicable à des activités textiles d’une très grande finesse observées par J. Reinhard (2001). 

 

3. Reproduction de la pendeloque à ailettes globulaires

 

3.1 Définition et Historique

 

La pendeloque à ailettes présume que l’élément de parure soit muni d’appendices bilatéraux étirés horizontalement, ensuite avec des extrémités relevées ou retombantes, enfin, dans le plus évolué des cas, façonnées en forme de globules.

La pendeloque à ailettes globulaires est largement recensée dans le Sud de la France (Bordreuil, 1966 ; Barge, 1982 ; Barge et Bordreuil, 1990-1991 ; Costantini, 1990 ; Philippon 2002). Elle est également présente dans le Jura (lacs de Chalain et Clairvaux) (Voruz, 1985 ; Pétrequin 1988 ; Barge et Bordreuil, 1990-1991). Quelques exemplaires sont aussi connus en Suisse (Bordreuil, 1966 ; Archéologie fribourgeoise 1982 ; Barge et Bordreuil, 1990-1991 ; Ramseyer 1995), en Italie, en Espagne, ensuite à Malte où là, uniquement, la parure est en roche verte (Barge et Bordreuil, 1990-1991).

Les pendeloques suisses en forme de hache (Wyss, 1994 ; Pauc et al., 2004), classées dans la catégorie des pendeloques à “ailettes” (Bordreuil, 1966 ; Barge-Mahieu et Bordreuil 1990-1991 ; Ramseyer, 1995) sont proches de quelques exemplaires trouvés dans l’Aveyron et dans le Gard (Sud de la France) (Barge, 1982 ; Barge-Mahieu et Bordreuil, 1990-1991) correspondant en fait à un modèle de pendeloque de la forme la moins évoluée. Lorsque l’on consulte les publications (Bordreuil, 1966 ; Barge, 1982 ; Barge-Mahieu et Bordreuil,1990-1991 ; Costantini, 1990 ; Philippon, 2002), on est confronté à différents stades de la fabrication des pendeloques à “ailettes” : du plus simple au plus abouti. Le collier reconstitué de “perles à ailettes” en calcite, exposé dans le Musée Fenaille de Rodez (Aveyron), est composé de 7 modèles différents (Costantini, 1990 ; Philippon, 2002). G. Costantini lui donne le surnom de “perle aveyronnaise” et souligne que les exemplaires à ailettes pointues sont plus spécifiques à la région du Causse aveyronnais.    

La classification générale, sous le générique « pendeloques à ailettes » (Barge-Mahieu et Bordreuil,1990-1991), prend en compte des modèles qui s’éloignent de l’élément type. Le corpus des vraies pendeloques à ailettes comporte notamment des stades de création.

Il est permis de déduire que les façonnages sont plus ou moins techniquement évolués puisqu’ils ont nécessité un nombre d’heures de travail variable. Cela renvoie à une notion de plus value pour le modèle à ailettes globuleuses.

Les auteurs parlent généralement de pendeloques à ailettes en calcaire et occasionnellement en calcite. Le calcaire ou carbonate de calcium peut se présenter sous diverses formes (Diétrich 1988). La calcite est un calcaire sédimentaire dont la dureté est de 3 dans l’échelle de Mohs (Diétrich 1988). L’autre matière choisie, dans le protocole, est le marbre qui est un calcaire métamorphique constitué de cristaux de calcite issus d’un processus de recristallisation, soit d’une cristallisation secondaire.

J.L. Voruz (1985) indique que les pendeloques à ailettes des lacs de Clairvaux et Chalain sont en marbre. Il rappelle que Pétrequin faisait remarquer en 1984, à propos de l’origine des roches, que les marbres utilisés seraient des calcaires métamorphisés du Gard afin de justifier l’apport méridional des parures.

Les exemplaires suisses (Barge-Mahieu et Bordreuil,1990-1991) devraient logiquement avoir été confectionnés en marbre, comme c’est le cas pour les pendeloques en forme de hache et les rondelles d’enfilages d’Egolzwil 3 et, pourquoi pas, de Pully-Chamblandes (Wyss, 1994 ; Pauc et al, 2004) qui sont des modèles beaucoup plus anciens.

L’on note la présence de galets de marbre sur les plages du lac Léman. La matière première présente sur place rend possible la confection des parures en marbre dans chaque région où elles ont été découvertes. Le marbre des Pyrénées, que l’on trouve jusque dans le domaine sous-pyrénéen de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, notamment, a été utilisé pour l’expérimentation.

 

3.2 Protocole

 

Les pendeloques à ailettes ont été reproduites en marbre et en calcite. Le grès et le silex  représentent l’essentiel des ressources  de l’outillage lithique employé.

Les gravillons de marbre utilisés viennent de dépôts de cours d’eau dans L’Aude et les Pyrénées-Orientales (Sud de la France) où les opérations de reproduction se sont déroulées. Le grain de calcite vient de la campagne audoise.

 

3.3 Mode opérationnel expérimental

 

Les différents stades opérationnels et les résultats obtenus sont à présent décrits d’après les quatre exemplaires inachevés connus dans le Sud de la France (Gard et Aveyron) (Barge et Bordreuil, 1990-1991).

Dans la première illustration (planche 2), on a choisi un gravillon de marbre dans lequel était pressenti l’élément de parure terminé. La forme permet d’entrevoir l’emplacement de l’appendice de suspension et des futures ailettes globulaires (1a-1b-1c). L’élément est légèrement abrasé pour régulariser une face (1d). La section longitudinale est alors plus équilibrée (1e). On procède ensuite à la création des épaulements (2a-b) puis on régularise les flancs par abrasion sur le fragment de grès fin (3) pour obtenir le premier stade de la préforme (4a-b). Enfin, on individualise les lobes (5). Une préforme de pendeloque à ailettes est ainsi acquise (6a-b-c).

Du silex audois a été utilisé pour confectionner un micro-perforateur. La matière est issue des calcaires lacustres oligo-miocènes, de Portel-des-Corbières (Aude) (Pauc et collaborateurs, 2004). L’outil est inséré dans la fente pratiquée à l’extrémité d’une tige de Viorne (Viburnum lantana) (7a-b-c-d). Une seule micro-pointe a servi pour perforer l’appendice de suspension (8a-b-c-d). L’extrémité de chaque lobe est abrasée en tournant sur la plaque de grès tendre pour lui donner un aspect globulaire (9a-b ; 10a-b ; 11a-b). Cette opération creuse de minuscules cupules dans la pierre ; chacune de la taille du globule achevé (12). La technique employée est due à un geste machinal qui a permis de passer d’une extrémité anguleuse à une extrémité globuleuse (13a-b). La pendeloque a des ailettes globulaires de taille inégale comme cela est le cas pour des éléments de parure d’origine (14).

La démarche expérimentale offre une seconde possibilité (planche 3) pour la phase de perforation. Le choix est porté sur l’un des gravillons (1a-b et 2a-b). Les épaulements et l’individualisation des lobes sont réalisés comme précédemment (3a-b). Chaque globule laisse une nouvelle cupule dans la plaque de grès (4). L’ornement de face semble achevé (5a-b-c-d-e). La perforation est la dernière phase du travail (6a-b-c-d-e-f-g-h).

Dans un cas comme dans l’autre, il a fallu un maximum de 5 heures de travail pour la pointe en silex et la pendeloque. On ne compte pas le temps passé à la recherche de gravillons adaptés, du silex, du grès et des tiges de Viorne.

Un autre essai (planche 4) s’est soldé par la casse de l’appendice lors de la perforation (1a-b-c-d, 2). Les globules sont inégaux dans les trois cas exposés ici.

Des ailettes brutes, proportionnées, restent celles d’une préforme volontairement gardée à ce stade (fig. 4).

Le dernier exemplaire a été confectionné dans un gravillon de calcite (planche 5). Cette pendeloque à ailettes globulaires est la plus esthétique. L’égalité des globules a été plus facilement réussie (1a-b-c-d-e-f). La raison vient du fait que la minéralisation est plus tendre que le marbre. Trois heures seulement de travail ont permis d’en venir à bout.

 

3.4 Conclusion

 

L’outillage préhistorique qui a servi à produire les pendeloques à ailettes est impossible à détecter. L’idée d’utiliser des micro-perforateurs se rapprochant du microlithe de Clairvaux (Pétrequin 1988), pour perforer les pendeloques en forme de hache (Pauc et al., 2004), a été reprise pour les pendeloques à ailettes. La reconstitution plausible et les traces obtenues sur le matériel lithique donnent quelques indications non négligeables.

Les avis partagés des auteurs sur l’interprétation symbolique font référence aux organes sexuels masculins pour la majorité d’entre eux, bien que cette interprétation ait été « farouchement combattue par A. et G. de Mortillet en 1881 ainsi que D. Garrod et D. Bate en 1937 » selon M. Bordreuil (1966) et aux attributs sexuels féminins -représentant les seins- pour L. B. Bréa en  et F.-X. de Jaurégui en 1948 (morphologie qui évoque la polymastie lorsque les pendeloques possèdent trois ou quatre lobes), selon  M. Bordreuil (1966).

 

La représentation symbolique de l’attribut mâle concernerait les modèles les plus anciens selon A.-M. et P. Pétrequin (1988).

Pourquoi ne pas voir la représentation symbolique de moustaches pour les modèles à ailettes pointues horizontales, relevées ou retombantes ?

Qui aurait l’idée de dire que ces modèles pourraient représenter les attributs sexuels des individus masculins ou féminins ? 

Durand-Tullou (1989) explique à propos des parures du Causse aveyronnais : « Quelques formes répondraient non à un simple désir de parures, mais bien à des préoccupations rituelles avec les triangles et les paires de boules qualifiées d’“ailettes”. Pudibonderie ou poésie ? L’auteur de la dénomination pourrait seul répondre ! ».

La dénomination la plus ancienne a été appliquée par R.M. Sauter (1944) qui rassemble, dans son essai, diverses formes de pendeloques sous l’appellation générique. Bordreuil (1966) et, par la suite, Barge et Bordreuil (1990-1991) se sont inspirés de cette dernière étude pour réaliser leur révision des pendeloques à ailettes.

 

En 1925, Ph. Héléna pensait que ces « perles » n’avaient qu’une destination symbolique ou cultuelle. Il compte plus de 200 exemplaires issus de trois ossuaires narbonnais. Il classe en deux groupes les pendeloques en « albâtre calcaire » : 11 modèles triangulaires et la grande majorité à deux globules. Il note qu’on les trouve répandues dans tout le Midi de la France, correspondant toujours aux  mêmes formes et réalisées dans la même matière. Il ne pense pas qu’elles proviennent d’un unique centre de production car, dit-il, les artisans qui ciselaient ces pendeloques, suivant les régions, obéissaient à une loi et non à un caprice personnel ; et selon  lui l’objet correspondait à une idée probablement fixée par un rite à caractère religieux. L’analyse qu’il propose redéfinie les formes munies de deux lobes. Elles évoquent les parties génitales de l’homme lorsque les globules sont sphériques et bien détachés ou une paire de seins qui rappelle les mamelles pendantes d’une femme qui aurait beaucoup allaité, enfin une troisième catégorie ressemble au croissant lunaire.

On distingue au moins 6 formes évolutives d’après la photo de l’auteur :

1)      pendeloque triangulaire ;

2)      pendeloque avec des « ailettes », à peine séparées à la base, étirées horizontalement ;

3)      pendeloque avec des « ailettes », bien séparées, remontantes ;

4) pendeloque avec des « ailettes », bien séparées, retombantes ;

4)      pendeloque à « ailettes » globulaires ;

6) pendeloque à « ailettes » sphériques détachées.

Il faudrait examiner en détail tous les exemplaires de la collection Héléna afin de vérifier si des stades intermédiaires ne s’y trouveraient pas.

 

Certains récipients ont des moyens de préhension diamétralement opposés qui évoquent “une paire de seins” alors que d’autres ont un décor de cordon en relief en forme de “moustache”.

Le collier exposé dans le musée Fenaille à Rodez (Aveyron) schématise un enfilage de “vertèbres” imbriquées les unes contre les autres. Cette nouvelle image symbolique s’éloigne des représentations physiques habituelles.

 

L’inventaire des pendeloques à ailettes globuleuses (type 1 de Barge et Bordreuil,1990-1991) montre, d’après le diagramme de répartition par département, que le Vaucluse vient en tête suivi successivement par le Var, les Bouches-du-Rhône (Provence – Alpes - Côte-d’Azur), l’Hérault, l’Aude, le Gard (Languedoc-Roussillon), l’Aveyron (Midi-Pyrénées), l’Ardèche (Rhône-Alpes), les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes (PACA), la Lozère  (L-R), le Tarn et Garonne (M-P) et les Pyrénées-Orientale (L-R).

 

La principale production est attribuable au groupe du Couronnien, la production d’ordre secondaire est réalisée par le groupe des Ferrières et le groupe de Véraza, la production mineure se répartit dans les groupes alentours.

 

Le type 5 de Barge et Bordreuil est techniquement la forme de base qui requiert le moins de travail, viennent ensuite les types 4 et 3 qui précèdent la phase opérationnelle du type 2 le plus abouti avec une zone distale toujours en pointe. On pourrait tirer une pendeloque similaire dans le gravillon de la planche 3, situé en haut à gauche ; mais en poursuivant la mise en forme globulaire des ailettes on peut aboutir au type 1.

En se basant sur le déroulement du schéma opératoire proposé ici,  le type 5 a été perforé après avoir créé les épaulements et avant de séparer les lobes ; les types 3 et 4 ont été perforés après avoir créé les épaulements et avant ou après avoir plus ou moins séparé les lobes.

 

Les quatre exemplaires évoqués plus haut orientent vers les deux déroulements opérationnels (Barge et Bordreuil, 1990-1991). Dans l’Aveyron on note deux éléments : sur le premier, issu de la grotte de Sargel à Saint-Rome de Cernon, seuls les épaulements ont été créés pour isoler l’appendice sommital (sa forme évoque celle des pendeloques en forme de hache) et sur le second, provenant de la grotte de Roquemissou à Montrozier,  le stade opératoire montre la création des épaulements et la séparation des lobes uniquement. Dans le Gard, les deux modèles suivants, provenant de la grotte de la Roquette à Conqueyrac, offrent pour l’un uniquement la création des épaulements et pour l’autre un appendice perforé et un début de séparation des lobes.

 

Cela signifie que la chaîne opératoire a pu se développer des deux façons au moins. Le premier déroulement, décrit planche 2, correspond sans doute à ce qui se fait classiquement. Ce travail permet de fournir des reproductions d’objets fiables, à partir de quelques indices. Il serait utile de poursuivre l’expérience afin de remettre dans l’ordre la typologie existante.

 

Bibliographie

 

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LEGENDES :

 

Figure 1 : Schéma de E. Vogt (Schlichtherle 1988)

 

Figure 2 : Plante de Lithospermum en fin d’été

 

Figure 3 : Plante de Lithospermum à partir de l’automne

 

Planche 1 : Description du mode opérationnel du grain d’enfilage en akène de Lithospermum du type 2.

 

Planche 2 : Première description du mode opérationnel de la pendeloque à ailettes globuleuse en marbre.


Planche 3 : Reproduction d’une pendeloque à ailettes en marbre selon une seconde organisation opérationnelle.

 

Planche 4 : Résultat de la fabrication d’une pendeloque à ailettes, en marbre, cassée lors de la perforation.

 

Figure 4 : Préforme d’une pendeloque à ailettes étirées en marbre.

 

Planche 5 : Reproduction d’une pendeloque à ailettes en calcite.

 
Références biblio :

PAUC P., MOINAT P., REINHARD J. 2005 :

Description de la fabrication expérimentale du grain d’enfilage en akène de Lithospermum de type 2 et de la pendeloque à ailettes globulaires. R. Tichy (SEA) & R. Paardekooper (EXARC) directeurs, euroREA 2, Society for Experimental Archaeology Hradec Králové, Czech Republic and EXARC, p. 40-54.

 

 

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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 09:07

PRESENTATION DU TROISIEME ENSEMBLE EXPERIMENTAL

D’ELEMENTS DE PARURE PREHISTORIQUES

 

 

Paulette PAUC *

 

Résumé

 

Les éléments de parure réalisés expérimentalement à partir de données archéologiques, géologiques et naturalistes se composent de bivalves, de gastéropodes et de scaphopodes sub-fossiles du Quaternaire moyen et actuels, de pendeloques à ailettes en calcaire ainsi que de noyaux de Prunus spinosa. Ils ont été enfilés sur un lien de suspension en lin compatible avec la période Chalcolithique. Cet ensemble porté quotidiennement montre les altérations de natures diverses. Ces nouveaux résultats pourront être comparés avec des parures préhistoriques présentant  différents types d’usure.

 

*Recherches et Développement Culturel en Corbières - 11220 Coustouge (F).

Centre de Recherche en Préhistoire et Protohistoire Méditerranéenne - UMR 5608 TRACES - AXE 3 : Les sociétés du Néolithique et du début des Ages des métaux - EHESS – Toulouse (F)

 

INTRODUCTION

 

Le troisième collier expérimental (fig. 1) est composé de 74 éléments dont les catégories sont réparties dans le désordre. Cet assemblage est notamment constitué de coquillages marins sub-fossiles prélevés dans le paléorivage Eutyrrhénien : une période chaude du Quaternaire moyen qui est située, au maximum de son élévation marine en Méditerranée, autour de -129 000 ans b.p. (Ambert et al. 1993).

Ce niveau coquillier permet de collecter de nombreuses espèces et variétés qui ont vécu dans un milieu à fond sableux ou sur un substrat rocheux. Actuellement, on les trouve dans les dépôts d’anciennes plages, dans l’Aude, entre 3 et 6 mètres d’altitude. L’espèce dominante est le Cerastoderma glaucum, qui a pour nom vernaculaire « Coque glauque », appelée indûment Cardium d’où le surnom de « plage à Cardium ». L’on recueille très couramment des coquilles de Cerithium vulgatum, Hexaplex trunculus, Monodonta turbinata et Nassa reticulata, à différents niveaux de conservation. Les gisements audois ne possédant pas les coquilles de Columbella rustica et Conus mediterraneus parmi les fossiles, j’ai dû collecter ces gastéropodes sur une plage actuelle de la côte rocheuse des Pyrénées-Orientales. Les tubes de Dentalium sp. lisses et à côtes, les coquilles de Trivia monacha, ainsi qu’un fragment de coquille d’Acanthocardia tuberculata roulé par l’action marine viennent d’une plage actuelle.

J’ai ajouté des noyaux de Prunus spinosa, fruits du Prunellier sauvage, et des pendeloques à ailettes façonnées à partir de gravillons de marbre.

Le lien de suspension a été réalisé à partir de filasse de lin du commerce. Cette fibre brute est destinée à colmater les joints en plomberie. La matière n’a pas subi une énorme transformation. Il suffit de prélever la quantité de fils nécessaire pour faire une cordelette à deux brins du diamètre et de la longueur voulus.

 

1/ LES COQUILLAGES SUB-FOSSILES

 

Cerastoderma glaucum : Une valve a été perforée au sommet par abrasion sur une meule-polissoir en grès. L’orifice a été agrandi avec une pointe en silex pour obtenir une lumière régulière et une bordure nette. Quinze rondelles d’enfilage de différents diamètres ont été réalisées avec des fragments de valves de diverses épaisseurs à partir des études archéologiques (Pauc 1997, 2000 ; Pauc et al.  2004).

Hexaplex trunculus : Sur les six exemplaires, l’un a été cassé par l’action marine et ne conservait qu’une partie de la dernière spire et l’ouverture naturelle intacte puis un autre était un spécimen juvénile au test très fin.

Cerithium sp. : Sur les cinq coquilles, une était roulée et une autre était trouée à l’opposé de l’ouverture, sur la partie en relief de la dernière spire, par l’action marine.

Monodonta turbinata : Sur les quatre exemplaires l’un d’entre eux était cassé par l’action marine et ne conservait que la dernière spire éventrée avec son ouverture naturelle.

Nassa sp. : Sur les quatre coquilles, deux avait perdu leurs toutes premières spires et une autre n’était représenté que par la dernière spire largement endommagée, par l’action marine, à l’opposé de l’ouverture naturelle.

 

2 / LES COQUILLAGES ACTUELS

 

Columbella rustica : Sur les 6 exemplaires, deux spécimens on subi des ouvertures provoquées par l’action marine. L’une n’étant qu’un petit trou dans la paroi de la dernière spire et l’autre une importante fracture de la dernière spire. Deux autres spécimens, cassés jusqu’à l’avant dernier tour de spire, par l’action marine, ont fait l’objet d’une perforation de la columelle avec une pointe en silex afin de faciliter le passage du lien dans le sens vertical.

Conus mediterraneus : Les 6 exemplaires ont subi une usure de l’apex par l’action marine qui a ainsi créé une ouverture sommitale. L’un d’entre eux a été fracturé de part et d’autre de l’ouverture naturelle en perdant une partie de sa dernière spire et les enroulements de la columelle sauf celui qui se trouvait au sommet. La bordure des cassures est lisse.

Dentalium sp. : Les 6 tronçons de coquilles lisses et à côte sont directement utilisables.

Trivia monacha : Sur les 4 spécimens l’un d’eux a subi une perforation par l’action marine.

 

Les gastéropodes, sub-fossiles ou actuels, qui n’ont pas subi de dommage par l’action marine, ont été perforés en pratiquant une abrasion localisée, de la structure externe, généralement à l’opposé de leur ouverture naturelle, avant de trouer le test, de la structure interne, avec une pointe en silex. Cette manière d’opérer en deux temps est obligatoire si l’on veut obtenir un orifice similaire aux éléments archéologiques. A l’échelle microscopique, la coquille montre une couche fibreuse externe ornementée et une couche entrecroisée interne uniforme, en section transversale. Suivant l’épaisseur du test et son degré d’usure superficielle, la pointe en silex ne pourra traverser directement la paroi.

 

3/ LES PENDELOQUES A AILETTES

Trois types de pendeloques à ailettes sont issues d’une série réalisée dans le cadre d’une expérimentation déjà publiée (Pauc et al. 2005, Pauc 2006).

 

4/ LES NOYAUX DE PRUNELLES

L’arbuste Prunus spinosa produit des prunelles dont les noyaux ont servi a faire des perles au Néolithique (Schlichtherle 1988). La matière périssable ne s’est conservée qu’en contexte lacustre, à l’abri de l’oxygène. Les onze perles ont été obtenues en abrasant les flancs pour amincir l’épaisseur de la coque avant de les trouer avec une pointe en silex.

 

5/ LA CORDELETTE

Le lien de suspension a été réalisé en lin car cette plante est bien représentée au Chalcolithique. L’analyse des fibres d’un vêtement atteste son emploi (Ayala 1987).

 J’ai confectionné la cordelette selon la méthode de Jacques Reinhard (Reinhard 1997). Les deux brins ont composé une cordelette dont la formule est S-2 – Z. Ce moyen a permis d’avoir un lien de la grosseur et de la longueur souhaitées. Certains raccords de fibres sont plus volumineux que le diamètre courant.  La ficelle est de 0,72 mm minimum à 0,96 mm au niveau de quelques raccords. Le diamètre maximum laisse largement passer les éléments de parure aux plus petits orifices. Une fois les éléments de parure enfilés, j’ai limité la longueur du collier à 60 cm en laissant pendre une longueur excédentaire de ficelle de 5 cm et 31 cm de part et d’autre du nœud. Cet excédent pourra servir à réparer le lien de suspension en cas de rupture à l’usure. Les éléments de parure occupent 48 cm de la longueur du lien. Les 12 cm de ficelle restant se positionnent sur l’arrière du cou directement en contact avec la peau.

 

6/ RESULTATS DU PORT PROLONGE

Le port prolongé durant un mois montre différentes usures de la cordelette. La longueur, directement en contact avec la peau, présente une très légère rupture des fibres superficielles au milieu des torsions. Au niveau des premières parures de petite taille de type Conus, dentales, et pendeloques à ailettes, la rupture des fibres superficielles est plus notable : les fibres cassées se dressent de part et d’autre de chaque torsion. Les coquillages suivants, sub-fossiles, ont davantage encore sectionné les fibres superficielles qui restent touffues et ébouriffées de part et d’autre des torsions (fig. 2). Cet aspect de détérioration de fibres est apparut dans l’orifice d’une perle en cuivre (Rouquerol 2004). Cela amincit le profil des torsions qui sont devenues allongées. En suivant, les quelques coquillages actuels qui ne coulissent guère n’ont occasionné que très peu de ruptures des fibres superficielles (fig. 3). Sur la dernière grande ligne essentiellement ornée de coquillages subfossiles, on retrouve une rupture assez importante des fibres superficielles et des torsions au profil étiré.

Parmi les éléments de parure, on note un poli localisé sur les faces des rondelles d’enfilage qui se traduit par des luisances sur les reliefs. Les gastéropodes accusent des usures localisées autour de l’ouverture naturelle en contact avec le lien de suspension. Cette légère abrasion superficielle fait apparaître la couleur blanche et brillante sous la surface du test dépigmenté qui est beige à blanchâtre (fig. 4). De manière générale, on ne note pas d’usure caractéristique sur les coquillages actuels, sauf sur la Columbella rustica très dégradée au niveau de la dernière spire par l’action marine. Le lien de suspension a formé une petite encoche sur la bordure de la paroi. Les noyaux de Prunus offrent un poli très brillant au niveau des surfaces abrasées autour des orifices. 

 

CONCLUSION

Le but de cette nouvelle expérimentation visait à obtenir quelques résultats. Ces derniers n’étant pas définitifs, le collier continuera à être porté jusqu’à la rupture du lien de suspension et sa réparation. Les futurs résultats feront l’objet d’une publication ultérieure.

 

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Schlichtherle H. (1988) : Neolithische Schmuckperlen aus Samen und Fruchtsteinen    in : Hansjörg Küster ed. Der prähistorische Mensch und seins Umwelt : Festschrift für Udelgard Körber-Grohne zum 65. Geburtstag / Landesdenkmalamt Baden Württemberg. Forschungen und Berichte zur Vor-und Frühgeschichte in Baden-Württemberg, 31, Stuttgart, p. 199-203.

 

 

Figure 1 : Collier expérimental

Figure 2 : Usure du lien au stade 4

Figure 3 : Usure du lien au stade 2

Figure 4 : Localisation de la surface blanche autour de l’orifice naturel

Réference biblio :

PAUC P. 2009 :

Présentation du troisième ensemble expérimental de parure préhistorique. Langage de pierre, La restitution du geste en préhistoire, Colloque européen, sous la direction de B. Roussel, P-J Texier, C. Dumas, Ed Musée des Baux, Maison Cazenave, pp. 36-39.


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